Lot 43
  • 43

JEAN-BAPTISTE PATER | Fête Galante: La barque de plaisir

Estimate
150,000 - 200,000 EUR
Bidding Closed

Description

  • Studio of Jean-Baptiste Pater
  • Fête Galante: La barque de plaisir
  • Huile sur toile
  • 74.6 x 93.7 cm; 29 3/8  by 36 5/8  in.

Provenance

Collection de J.W.G. Dawis, Esq., Londres ;
Sa vente, Paris, Me Lechat, 25 février 1869, lot 55 (comme « Les baigneuses », adjugé 4 000 francs) ;
Collection privée américaine.

Exhibited

New York, Berry-Hill Galleries, Visions and Vistas, 25 janvier-4 mars 2000, s.n. (catalogue par R.B. Simon).

Literature

F. Ingersoll-Smouse, Pater, Paris, 1928, p. 46, n° 98 (comme « Promenade sur l'eau »).

Condition

Le tableau apparaît moins rouge et moins foncé que sur l’illustration dans le catalogue. A l’œil nu : Le tableau apparaît dans un état de conservation satisfaisant. La couche picturale est usée. On observe quelques griffures superficielles, notamment une verticale d’environ 1 cm dans le ciel, au milieu. On remarque une craquelure horizontale à 5 cm du bord supérieur, sur environ 30 cm, ainsi qu’une craquelure en escargot dans le tronc en bas à droite. On remarque un tout petit manque de matière dans la pointe de l’oreille du personnage féminin debout qui a été mastiqué mais pas restauré. A la lampe U.V. : On observe des reprises dans la plupart des plis et des contours des vêtements. Les craquelures ont été comblées dans les parties les plus sombres et dans les feuillages. Vendu dans un cadre en bois sculpté doré (quelques éclats). The painting appears less red et less dark/tonal than the catalogue illustration would suggest. With the naked eye : The painting appears to be in fairly good state of conservation. The painted surface appears a bit thin overall. We can observe some surface scratches, notably one vertical of circa 1 cm in the sky area in the centre. There seems to be also a horizontal craquelure( ?) at 5 cm from the upper edge, and also at circa 30 cm, also a pressure point in the foliage lower left. The ear of the principal standing lady has a little ‘mastic’ which has not been touched up. Under UV light : Some of the varnish layer fluoresces, we notice strengthenings in the folds of the figure’s clothing and in their contours. Some of the craquelure has been filled in, notably in the darker areas and in the foliage on the left and rights areas. Offered with a carved and giltwood frame (some chips).
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Catalogue Note

Nous remercions le Dr. Christoph Voghterr d'avoir confirmé l'authenticité de l'oeuvre d'après photographie.

Reçu en 1728 à l’Académie royale de peinture et de sculpture avec pour morceau de réception Une fête champêtre. Réjouissance de soldats[1], Jean-Baptiste Pater perpétua le genre de la fête galante que son maître, Antoine Watteau, avait inventé. L’artiste confia lui-même combien il lui était redevable alors qu’il ne fut son apprenti que quelques semaines et pourtant grâce auxquelles il apprit à peu près tout ce qu’il savait de l’art de peindre.

La présente toile, intitulée Fête galante : La Barque du plaisir et datable du début des années 1730, porte clairement en elle l’héritage du Pèlerinage à l'île de Cythère de Watteau de 1717[2]. Nicolas Lancret, l’autre émule de ce dernier, peignit quelques temps après la réalisation de notre tableau une autre œuvre inspirée du maître, Les plaisirs du bain, (vers 1735[3]). Comme ce dernier, Jean-Baptiste Pater se fit un nom grâce à ses fêtes galantes, celles-ci mettant en scène des élégants jouissant de passe-temps propres aux élites de l’époque, comme la danse et la musique.

Pater naquit à Valenciennes où il se forma dans un premier temps chez le valenciennois Jean-Baptiste Guidé. Au décès de ce dernier, en 1711, il monta à Paris où il vécut et exerça exclusivement, hormis une courte période (1716-1718) durant laquelle il retourna dans sa ville natale. Il dut attendre la mort de Watteau, emporté précocement par la tuberculose en 1721, pour que la demande de ses œuvres augmente considérablement. Sa réputation établie, académicien de surcroît, il reçut des commandes prestigieuses - une Chasse chinoise pour la Petite Galerie du château de Versailles[4] en 1736 - et le souverain prussien Frédéric le Grand fut un collectionneur avide de ses œuvres puisqu’il en possédait une quarantaine[5].

Dans le présent paysage contrasté, de jeunes gens plus ou moins dévêtus, probablement aristocrates, s’apprêtent à embarquer sur un petit vaisseau pour faire promenade sur l’eau. Sur le pont du navire se trouve une tente qui a pour l’occasion été garnie de fleurs. Elle est en outre surmontée des attributs de l’Amour, message subtil laissé par l’artiste marqué par l’esprit libertin et la volonté de retourner à la nature de celui qui l’a formé[6].

De cette charmante composition, il existe une variante autographe. Cette dernière est toutefois de plus petites dimensions (62,5 x 79 cm) et n’a pas refait surface sur le marché depuis plus d’un siècle : elle est mentionnée à Londres en 1884, dans la collection d’Alfred de Rothschild (1842-1918) et fut exposé à la Royal Academy en 1896 (n° 77)[7].

[1] Huile sur toile, 114 x 154 cm, Paris, musée du Louvre, inv. 7137.

[2] Huile sur toile, 129 x 194 cm, Paris, musée du Louvre, inv. 8525.

[3] Huile sur toile, 97 x 145 cm, Paris, musée du Louvre, inv. R.F. 1990-20.

[4] La chasse chinoise, 1736, huile sur toile, 138 x 128 cm, Amiens, Musée de Picardie.

[5] Voir notamment : F. Ingersoll-Smouse, Pater, Paris, 1928, n° 26-35-38-46-47-54-57-58-61-229-233-235-239-241-292-293-309-314-326-329-392-416-451-289-502-507-541-558-561.

[6] Voir De Watteau à Fragonard, les fêtes galantes, cat. exp., Paris, musée Jacquemart-André, 14 March-21 July 2014.

[7] F. Ingersoll-Smouse, op. cit., n° 70, fig. 166.