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JEAN-BAPTISTE PATER | Fête Galante: La barque de plaisir
Description
- Studio of Jean-Baptiste Pater
- Fête Galante: La barque de plaisir
- Huile sur toile
- 74.6 x 93.7 cm; 29 3/8 by 36 5/8 in.
Provenance
Sa vente, Paris, Me Lechat, 25 février 1869, lot 55 (comme « Les baigneuses », adjugé 4 000 francs) ;
Collection privée américaine.
Exhibited
Literature
Condition
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Catalogue Note
Reçu en 1728 à l’Académie royale de peinture et de sculpture avec pour morceau de réception Une fête champêtre. Réjouissance de soldats[1], Jean-Baptiste Pater perpétua le genre de la fête galante que son maître, Antoine Watteau, avait inventé. L’artiste confia lui-même combien il lui était redevable alors qu’il ne fut son apprenti que quelques semaines et pourtant grâce auxquelles il apprit à peu près tout ce qu’il savait de l’art de peindre.
La présente toile, intitulée Fête galante : La Barque du plaisir et datable du début des années 1730, porte clairement en elle l’héritage du Pèlerinage à l'île de Cythère de Watteau de 1717[2]. Nicolas Lancret, l’autre émule de ce dernier, peignit quelques temps après la réalisation de notre tableau une autre œuvre inspirée du maître, Les plaisirs du bain, (vers 1735[3]). Comme ce dernier, Jean-Baptiste Pater se fit un nom grâce à ses fêtes galantes, celles-ci mettant en scène des élégants jouissant de passe-temps propres aux élites de l’époque, comme la danse et la musique.
Pater naquit à Valenciennes où il se forma dans un premier temps chez le valenciennois Jean-Baptiste Guidé. Au décès de ce dernier, en 1711, il monta à Paris où il vécut et exerça exclusivement, hormis une courte période (1716-1718) durant laquelle il retourna dans sa ville natale. Il dut attendre la mort de Watteau, emporté précocement par la tuberculose en 1721, pour que la demande de ses œuvres augmente considérablement. Sa réputation établie, académicien de surcroît, il reçut des commandes prestigieuses - une Chasse chinoise pour la Petite Galerie du château de Versailles[4] en 1736 - et le souverain prussien Frédéric le Grand fut un collectionneur avide de ses œuvres puisqu’il en possédait une quarantaine[5].
Dans le présent paysage contrasté, de jeunes gens plus ou moins dévêtus, probablement aristocrates, s’apprêtent à embarquer sur un petit vaisseau pour faire promenade sur l’eau. Sur le pont du navire se trouve une tente qui a pour l’occasion été garnie de fleurs. Elle est en outre surmontée des attributs de l’Amour, message subtil laissé par l’artiste marqué par l’esprit libertin et la volonté de retourner à la nature de celui qui l’a formé[6].
De cette charmante composition, il existe une variante autographe. Cette dernière est toutefois de plus petites dimensions (62,5 x 79 cm) et n’a pas refait surface sur le marché depuis plus d’un siècle : elle est mentionnée à Londres en 1884, dans la collection d’Alfred de Rothschild (1842-1918) et fut exposé à la Royal Academy en 1896 (n° 77)[7].
[1] Huile sur toile, 114 x 154 cm, Paris, musée du Louvre, inv. 7137.
[2] Huile sur toile, 129 x 194 cm, Paris, musée du Louvre, inv. 8525.
[3] Huile sur toile, 97 x 145 cm, Paris, musée du Louvre, inv. R.F. 1990-20.
[4] La chasse chinoise, 1736, huile sur toile, 138 x 128 cm, Amiens, Musée de Picardie.
[5] Voir notamment : F. Ingersoll-Smouse, Pater, Paris, 1928, n° 26-35-38-46-47-54-57-58-61-229-233-235-239-241-292-293-309-314-326-329-392-416-451-289-502-507-541-558-561.
[6] Voir De Watteau à Fragonard, les fêtes galantes, cat. exp., Paris, musée Jacquemart-André, 14 March-21 July 2014.
[7] F. Ingersoll-Smouse, op. cit., n° 70, fig. 166.