Lot 30
  • 30

Paul Signac

Estimate
600,000 - 800,000 EUR
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Bidding Closed

Description

  • Paul Signac
  • Brick italien devant Agay
  • signé P. Signac et daté 1901 (en bas à droite)
  • huile sur toile
  • 46.3 x 55.3 cm ; 18 1/4 x 21 3/4 in.

Provenance

Paul Cassirer, Berlin (acquis de l'artiste)
Lazard Torail
Collection particulière
Vente : Loudmer, Palais Galliera, Paris, 25 mai 1971, lot 57
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel

Exhibited

Paris, Galerie de l'art nouveau (Bing), Exposition des œuvres de Paul Signac, 1902, no. 7 (titré Brick-goélette italien par le travers d'Agay)
Paris, Galerie Bernheim-Jeune, Paul Signac, 1930, n.n.

Literature

The Burlington Magazine, mai 1971, reproduit
Françoise Cachin, Signac, Catalogue raisonné de l'œuvre peint, Paris, 2000, no. 376, reproduit p. 255

Condition

The canvas is not lined. The colours are bright and fresh and the impasto is well preserved. There is no evidence of retouching under UV light. This work is in excellent original condition.
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Catalogue Note

Paul Signac découvre Saint Tropez en mai 1892, à bord de son yacht l’Olympia, baptisé ainsi en hommage à Manet. Il écrit alors à sa mère: "Depuis hier je suis installé et je nage dans la joie. A cinq minute de la ville perdu dans les sapins et les roses, j’ai découvert un joli petit cabanon meublé […] devant les rives dorées du golfe, les flots bleus venant mourir sur une petite plage, ma plage, et un bon mouillage pour Olympia […] dans le fond les silhouettes des Maures et de l’Esterel […], j’ai là de quoi travailler pendant toute mon existence, c’est le bonheur que je viens de découvrir." (Cachin, p. 362). L’influence du midi devient déterminante dans l’œuvre du peintre. Georges Seurat est mort l’année précédente et Signac est encore sous le choc de cette disparition subite. Avec la découverte des paysages du midi, il s’éloigne peu à peu des certitudes scientifiques qui avaient caractérisé les débuts du néo-impressionnisme. Fidèle au style de son ami, le peintre développe néanmoins son propre tempérament. Il introduit plus de lumière et augmente les tons, élargit sa gammes chromatique et la taille de ses multiples touches de peinture, créant ainsi un effet de mosaïque lumineuse presque abstraite.

Marin de haute mer accompli, initié dans sa jeunesse par son ami Gustave Caillebotte, Signac sillonnait la côte entre Marseille et Vintimille et explorait des paysages alors accessibles seulement par la mer. Durant sa vie il n’eut pas moins de 32 bateaux. Comme le dit son ami le critique Félix Fénéon, "c’est une véritable flottille au service de la peinture".

En 1895, Signac achète une villa à Saint-Tropez et s’y installe durablement. En 1898, il agrandit son atelier avec l’aide des architectes Octave Van Rysselberghe (frère de Theo) et Henry Van de Velde. C’est certainement lors d’une de ses sorties sur L’Olympia qu’il développe le motif du présent tableau. La rade d’Agay est proche de Saint-Tropez, de l’autre cote de la baie de Saint-Raphaël, et marque le début des calanques de l’Esterel. Le peintre saisit le majestueux brick italien, un voilier avec un grand mât et un mât de misaine, toute voilure déployée et ajoute les roches rouges des calanques sur la gauche. Tout en conservant les normes de composition de la peinture de marine et de paysage du XIXème siècle, cette œuvre fait les premiers pas vers une certaine forme d’abstraction qui entre-ouvre la porte aux jeunes peintres du début du XXème siècle et suggère toutes sortes de nouvelles possibilités esthétiques.