PF1209

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Lot 53
  • 53

Louis Vigée

Estimate
25,000 - 35,000 EUR
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Description

  • Louis Vigée
  • Femme vêtue en pélerine
  • Signé et daté en bas à droite L. Vigee / pinxit. 1745
  • Pastel

Provenance

George Harland-Peck, Londres en 1903;
Sa vente, Christie's Londres, 25 juin 1920, lot 40;
Acquis à cette vente par Jacques Seligmann et fils, Paris;
Acquis chez eux par George McFaddenen, Villanova, Pennsylvanie en décembre 1927;
Sa vente, Parke-Bernet Galleries, New York, 20-21 octobre 1944, lot 263, rep. p.35

Exhibited

French Art of the XVIIIth century, Londres, Burlington Fine Arts Club, 1913, n° 47, repr. dans le catalogue pl. XXIV en regard de la p. 51 ;
Exposition des pastels français du XVIIe et XVIIIe siècles, Paris, Galerie Jean Charpentier, 1927, n° 133 ;
Pèlerinage à Watteau, Paris, Hôtel de la Monnaie, 28 juin-31 octobre 1977, n° 212, repr. dans le catalogue p. 321

Literature

J. Frankau, « Mr. Harland-Peck's Collection », Connoisseur, V, 1903, p. 89. repr. p. 87 ;
E. Dacier and P. Ratouis de Limay, Pastels français des XVIIe et XVIIIe siècles, Paris et Bruxelles, 1927, pp. 9-10, 51-52, n° 28, repr. pl. XX ;
E. Dacier, « Sur un portrait de Mme de Pompadour », L'Amateur d'estampes, 6e année, n° 1, janvier 1927, pp. 172-179, repr. p.173 ;
P. Ratouis de Limay, Le Pastel en France au dix-huitième siècle, Paris, 1946, p. 69 ;
J. Levron, Secrète Madame de Pompadour, Arthaud, 1960, Vichy, repr. p. 2 ;
N. Mitford, Madame de Pompadour, New York, 1968, repr. p. 219 ;
G. Monnier, Musée du Louvre  Cabinet des Dessins : Pastels XVIIème et XVIIIème siècles, Paris, 1972, cité sous le n° 106 ;
B. Scott, « Letter from Paris : The Heritage of the Eighteenth Century », Apollo, vol. CVI, n° 187, septembre 1977, p. 242;
C. Riffaut, Louis Vigée (1715-1767) portraitiste, Mémoire de maîtrise, Université Paris IV Sorbonne, 1987, p. 84, n° 50, cité p. 33, repr. pl.50 ;
J. Baillio, « Vigée Le Brun pastelliste », L'Oeil, N° 452, Juin 1993, repr. p. 22, fig 2 ;
X. Salmon, « La légende », Madame de Pompadour et les arts, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, 2002-2003, p. 508-509, repr. fig 2 ;
D. Beaurain, « Louis Vigée (1715-1767), maître-peintre de l'Académie de Saint-Luc », Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Île-de-France, 130e année, 2003, cité p.112 ;
D. Beaurain, « Annexe 2, catalogue provisoire de l'oeuvre de Louis Vigée », Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Île-de-France, 130e année, Paris, 2003, p. 124, cat n° 7, cité sous cat. n° 8 ;
N. Jeffares, Dictionary of Pastellists before 1800, Londres, 2006, p. 543, repr. ; cf. également le site internet -- http://www.pastellists.com/Articles/Vigee.pdf – où le pastel et la signature sont repr. en couleurs

Condition

To the naked eye: The pastel appears in a very satisfactory state of consevation. There is a beautiful well-preserved material, pastel is perfectly stable and secure in its frame. No visible restorations.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
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Catalogue Note

Les avis sont partagés sur l'identité du modèle de ce portrait de femme par Louis Vigée, père de la célèbre portraitiste de Marie-Antoinette, Louise Élisabeth Vigée Le Brun. Au début du XXème siècle les auteurs s'accordaient pour y reconnaître Madame Le Normand d'Étiolles, future Madame de Pompadour, à laquelle elle ressemble d'ailleurs beaucoup. Certains experts s'appuyaient alors sur une aquarelle de Charles-Nicolas Cochin II, actuellement conservée au Musée du Louvre, représentant le bal masqué de 1745, événement à l'occasion duquel Louis XV rencontra sa future favorite. Dans l'oeuvre de Cochin, une femme vêtue du même costume de pèlerine que celui du modèle de notre tableau se tient à proximité d'un groupe d'hommes travestis en ifs, tenue que portait le roi lors de cette fête donnée en l'honneur du mariage du dauphin avec l'infante Marie Thérèse.  L'oeuvre que nous présentons aurait pu être commandée par Madame de Pompadour en souvenir de cet événement. Cette idée a été discréditée par les historiens récents, car Madame de Pompadour avait les yeux bleus et le modèle de Louis Vigée a des yeux bruns. Selon David Beaurain, la ressemblance ne s'accorderait pas avec les portraits connus de la plus célèbre des maîtresses du roi. De plus, la date du pastel, jugée trop précoce, permet de réfuter cette hypothèse qui pourrait n'être qu'une conséquence du grand engouement des historiens pour le personnage de Madame de Pompadour à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. 

Bien que l'identité du modèle de Vigée n'ait pas été établie, le costume fournit des indications intéressantes : les coquilles et la houlette ferait croire qu'il s'agit d'une pèlerine tandis que les boucles d'oreilles et le collier de perles désignent une dame de qualité. Le détail de la collerette rappellerait la mode « à l'espagnole » en vogue au milieu du XVIIIè siècle. Le côté fantaisiste du travestissement serait emprunté à la pastorale, genre théâtral à la mode introduit à l'époque par Favart (entre autres)  et utilisé à plusieurs reprises par Louis Vigée. Soulignons que le portrait au pastel de Mademoiselle Dangeville, conservé à la Comédie Française, reprend exactement les mêmes vêtements et colifichets, mais la tête est nettement différente. Par ailleurs, sur le plan de la chronologie, nous ignorons lequel de ces deux pastels a précédé l'autre. En effet, ce costume rencontrait à l'époque un vif succès dû à la pièce de théâtre Les trois cousines de Dancourt donnée le 7 octobre 1700 qui mettait en scène des pèlerines célébrant le voyage à l'île de Cythère. Antoine Watteau s'en est inspiré à plusieurs reprises.

Le style du pastelliste montre une certaine maîtrise du rendu des carnations et des étoffes. Pour les représenter, Vigée emploie une technique qui crée des effets suaves et il applique des traits plus appuyés pour rendre la coiffure et certains détails des tissus. Les modèles de Louis Vigée sont représentés avec beaucoup de naturel, notamment en ce qui concerne l'âge des modèles, peu idéalisés à l'encontre du style d'autres pastellistes contemporains. La couleur neutre du fond est caractéristique de l'oeuvre du peintre, qui présente rarement ses clients dans un intérieur meublé.

Selon le témoignage de sa fille, Louis Vigée a occupé une place importante dans l'histoire du pastel : « Mon père nommé Vigée peignait fort bien au pastel, il y a même des portraits de lui qui seraient dignes du fameux La Tour ». Il semblerait d'ailleurs que Vigée Le Brun commença à manier les bâtons de couleurs auprès de son père alors qu'elle était encore toute jeune.

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