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Félix Vallotton 1865-1925
Description
- Félix Vallotton
- LA JETÉE DE HONFLEUR, 1920 THE DYKE AT HONFLEUR, 1920
- Unten rechts signiert und datiert
- Öl auf Leinwand
- 55 x 65,5 cm
Provenance
Charles Fegdal, Paris
Bernheim-Jeune, Paris
Leonard Hutton Galleries, New York
Marlborough Gallery, London
Privatsammlung (1966)
Exhibited
London, Marlborough Fine Art Ltd, 19th and 20th Century French Masters, 1966, Nr. 28
Zürich, Galerie Nathan, Félix Vallotton, Gemälde und Zeichnungen, 1975, Nr. 17, S. 79
Literature
Rudolf Koella, Das Bild in der Landschaft im Schaffen von Félix Vallotton, Wesen, Bedeutung, Entwicklung, 1969/I, LK 242
Doris Jakubec, Vallotton in Honfleur, in: L'Oeil, 1980, S. 47
Günter Busch, Félix Vallotton, in: Busch et al., 1982, S. 114, 116, abgebildet
Günter Busch, Félix Vallotton, une anticipation exemplaire, in Busch et al., 1985, Abb. 89, S. 90
Solange Lemaire, Félix Vallotton en Normandie, in Le Pays d'Auge (Lisieux), 1993, S. 14, abgebildet
Marina Ducrey, Félix Vallotton 1865-1925, l'oeuvre peint, Catalogue raisonné, Bd. III, Lausanne/Zürich/Milan 2005, Nr. 1355, abgebildet (in Farbe)
Catalogue Note
Im Livre de raison ist dieses Bild beschrieben als la plage. marée basse, à droite, la jetée beaucoup de petites figures, ciel et eau bleu-rosé, sable blanc jaune.
In Vallottons Livre de raison liest sich die Beschreibung dieses Gemäldes, das einst dem französischen Kunstkritiker und ersten Biographen des Künstlers, Charles Fegdal, gehörte, wie folgt: «Der Strand. Ebbe, rechts die Mole, viele kleine Figuren, Himmel und Wasser blau-rosa, gelbweisser Sand». Vallotton befasst sich darin wie so oft mit einer bekannten touristischen Attraktion, im gegebenen Fall mit dem Strand von Honfleur. Dieser erstreckt sich vom alten Hospiz-Leuchtturm bis zur Ostmole, die bekannt ist für die Ausblicke, die sie zur einen Seite auf die Seine-Mündung, zur anderen auf die kleine, von der Côte de Grâce überragte normannische Stadt bietet. Die Villa Beaulieu, Vallottons Sommersitz seit 1909, lag unweit dieser von zahlreichen Künstlern verherrlichten bukolischen Promenierstrecke. Im Unterschied zu anderen Bildern, in denen die Ostmole dargestellt ist, sind hier keinerlei Boote zu sehen. Der Akzent liegt zum einen auf den Strandspaziergängern, die es sich, wie ihre Kleidung und das Fehlen von Schwimmern anzeigen, bei offenbar frischen Temperaturen im Sand bequem gemacht haben, zum andern auf der massiven Bauweise der Mole und der Eleganz des Leuchtturms. Sie allein nehmen zusammen sowohl in der Breite als auch in der Höhe mehr als die Hälfte des Bildraums ein und brechen mit ihrer Schräge bzw. Vertikale den Parallelismus, der sonst in der Landschaft herrscht. Letztere spielt mit Kontrasten: dem Massenkontrast zwischen der imposanten Mole und den kleinen Figuren; dem Technikkontrast zwischen den beim Strand angewandten fast pointillistischen Pinseltuschen und den glatten, für die anderen Elemente gewählten Farbflächen; und schliesslich mit dem Farbwertkontrast zwischen dem dunklen, in den Silhouetten der Menschen nachklingenden Unterbau der Mole und der Helligkeit des Leuchtturms, dem lichthaltigen Beige des Sands und den weissen Tupfen, mit deren Hilfe einige Personen strategisch hervorgehoben sind. Obgleich eine Skizze bislang nicht aufgefunden worden ist, steht ausser Zweifel, dass La jetée de Honfleur dem Konzept der «komponierten Landschaft» entspricht, also nicht vor dem Motiv, sondern im Atelier mit einer Skizze als Erinnerungsstütze gemalt worden ist. Diese Art von Landschaft, die ihren Höhepunkt im letzten Schaffensjahrzehnt des Künstlers erreicht, nährt sich von früher Angeeignetem. La jetée de Honfleur liefert ein sprechendes Beispiel für diese zunehmende Anreicherung, denn die kleinen Figuren erscheinen darin wie direkte Nachkommen derjenigen, die einige Werke von 1901 – Ansichten von Paris und bei einem ersten Aufenthalt in Honfleur entstandene Landschaften – beleben, so sehr gleichen sie sich punkto Massstab, Postur und knapper Charakterisierung der Einzelpersonen.
Dans le Livre de raison de Vallotton, la description de ce tableau, qui a appartenu au premier biographe du peintre, le critique d'art français Charles Fegdal, se lit: «La plage. marée basse, a droite, la jetée beaucoup de petites figures, ciel et eau bleu-rosé, sable blanc jaune». Vallotton s'y penche, comme souvent, sur une attraction touristique reconnue, en l'occurence la plage de Honfleur. Elle s'étend du vieux phare de l'Hospice à cette jetée de l'Est, fameuse pour offrir une vue embrassant d'un côté l'estuaire de la Seine, de l'autre la petite ville normande dominée par la côte de Grâce. La villa Beaulieu, résidence d'été de Vallotton depuis 1909, se situait à proximité de ce cheminement bucolique célébré par de nombreux artistes. A la différence d'autres tableaux où apparaît la jetée de l'Est, il n'y a point ici de barques. L'accent porte d'une part sur le public prélassé sur le sable par un temps supposément frais à voir les vêtements des personnages et l'absence de baigneurs dans l'eau; d'autre part sur l'architecture massive de la jetée et l'élégance de son phare. A eux deux, ils s'approprient plus de la moitié de l'espace en largeur et en hauteur, créant une rupture, oblique pour l'une, verticale pour l'autre, avec le parallèlisme qui règne par ailleurs dans le paysage. Celui-ci joue sur les contrastes. Contraste de masse entre l'imposante jetée et les petites figures. Contraste de technique entre les touches presque pointillistes appliquées à la plage et les aplats de couleur mis en œuvre dans les autres éléments. Contraste de valeur enfin entre le soutènement foncé de la jetée, repris en écho par les silhouettes humaines, et la blancheur du phare, les ocres lumineux du sable et les points blancs dont sont stratégiquement relevés quelques personnages. Même si l'esquisse en reste introuvable à ce jour, il ne fait aucun doute que La jetée de Honfleur répond à la notion de «paysage composé», c'est-à-dire peint non pas face au motif, mais dans l'atelier à l'aide d'un petit croquis aide-mémoire. Ce type de paysage, qui atteint sa plénitude dans la dernière décennie de la vie du peintre, est nourri des acquis antérieurs. La jetée de Honfleur offre un exemple éloquent de cet enrichissement progressif. Les petites figures y apparaissent en effet comme les descendantes directes de celles qui animent plus particulièrement certaines œuvres de 1901 – vues de Paris et paysages peints lors d'un premier séjour à Honfleur – tant l'échelle, les postures et la caractérisation succincte des individus se ressemblent.
Wir danken Marina Ducrey für den Textbeitrag.